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Des espions infiltreraient LinkedIn avec des photos de profils créées par l’IA

Source : LinkedIn via Associated Press

Elle s’appelle Katie Jones, la trentaine et les cheveux roux. Si ce profil vous ajoutait sur LinkedIn, il y a de fortes chances pour que vous ne déceliez pas la supercherie, et pourtant, Katie Jones n’existe pas. Il s’agit d’un faux profil faisant partie d’une « vaste armée de profils fantômes », d’après l’agence de presse américaine AP. Sa photo de profil a également été créé de toutes pièces par une intelligence artificielle, et les autorités américaines soupçonnent ce faux compte de servir à des fins d’espionnage.

Le profil aurait servi à des fins d’espionnage

Dans la quelque cinquantaine de connexions de Katie Jone, on retrouve un certain nombre de personnalités importantes à Washington, comme le haut conseiller d’un sénateur ou des sous-secrétaires d’État adjoints. La jeune femme aurait travaillé de nombreuses années au Centre d’études stratégiques et internationales à Washington, d’après son profil, et c’est sans doute pour cela qu’elle a pu ajouter autant de politiques dans ses contacts. Mais pourtant, celle-ci n’a jamais pu y travailler puisqu’elle n’existe tout simplement pas.

Des experts interrogés par l’AP ont indiqué que l’activité de Katie Jones sur le réseau social professionnel était caractéristique des espions chinois souhaitant se rapprocher de personnalités politiques américaines. « Au lieu d’envoyer des espions dans un parking aux États-Unis pour recruter une cible, il est plus efficace de s’asseoir derrière un ordinateur à Shanghai et d’envoyer des demandes d’amis à 30.000 cibles » a ainsi indiqué William Evanina, le directeur du National Counterintelligence and Security Center aux États-Unis.

Une photo générée de toutes pièces

Source : Screenshot LinkedIn

Quant à la photo de profil de Katie Jones, celle-ci aurait été générée par un réseau antagoniste génératif, autrement appelé GANs. Il s’agit d’algorithmes permettant de modéliser des visages hyper-réalistes qui n’existent pas. Il suffit de faire un tour sur le site ThisPersonDoesNotExist.com pour se rendre compte de la précision de ce type d’intelligence artificielle.

Par ailleurs, c’est également cette technologie qui est utilisée dans les vidéos de type deepfake, qui utilisent le visage d’une personnalité influente pour le coller sur le corps d’un autre. Barack Obama, Vladmir Poutine, et plus récemment Mark Zuckerberg en ont largement fait les frais, et c’est bien la preuve que cette technologie peut s’avérer très dangereuse si elle est placée entre de mauvaises mains.

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Débusqué par l’AP, le profil de la soi-disante Katie Jones a depuis été supprimé par LinkedIn du réseau pour avoir violé les conditions d’utilisations du site. Le réseau social s’est simplement contenté de retirer le profil, sans pour autant s’étendre sur les espions supposés qui séviraient sur sa plateforme.

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