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Record de température pour les océans en 2020

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Nous avons l’habitude d’évaluer le réchauffement climatique à l’augmentation de la température de notre atmosphère. Mais des chercheurs nous rappellent aujourd’hui que les océans du monde se réchauffent également. En 2020, ils ont atteint une température record.

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[EN VIDÉO] L’Océan en danger face à l’exploitation et la pollution humaine  Dans cette vidéo, Isabelle Autissier, la présidente du WWF France répond à nos questions sur la biodiversité marine. Elle évoque ici l’exploitation des ressources marines par l’Homme et les risques liés à la pollution plastique. 

En 2020, les taux de CO2 dans l’atmosphère ont encore augmenté. Les températures ont grimpé. Y compris celles de l’océan, nous confirme aujourd’hui une étude réalisée par une équipe internationale de chercheurs. Entre la surface et une profondeur de 2.000 mètres, jamais depuis 1955, les températures moyennes de l’océan n’avaient été aussi élevées que dans le courant de l’année dernière.

Se basant sur des mesures présentes dans une base de données mondiale, les chercheurs ont calculé qu’en 2020, les océans ont absorbé 20 zettajoules (ZJ) – soit 20×1021 joules – de plus qu’en 2019. Une quantité de chaleur qui suffirait à faire bouillir 1,3 milliard de bouilloires contenant chacune 1,5 litre d’eau ! Notez tout de même que si l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) arrive à la même conclusion d’une augmentation de la température de l’océan depuis 2019, ses chiffres sont plus modérés – seulement 1 ZJ de chaleur supplémentaire absorbée. Le tout confirmant tout de même une tendance de fond.

Ne pas négliger l’importance de l’océan

Heureusement, l’océan est vaste. Il ne bout pas. En absorbant une grande quantité – les chercheurs parlent de 90 % – de la chaleur excédentaire, il amortit le réchauffement climatique. Mais à quel prix ? Celui de modifications de salinité et d’une stratification accrue. Celui d’une lente libération de cette chaleur accumulée également, de quoi entretenir les effets sur le long terme. Même après l’arrêt de nos émissions de CO2.

Plus immédiatement, des océans plus chauds favorisent des pluies plus intenses, et des ouragans et des typhons plus puissants. Avec les inondations et les dégâts matériels et humains qui peuvent les accompagner. D’où l’importance de ne pas oublier de considérer l’océan lorsque des politiques de lutte contre le réchauffement climatique sont mises en place.

Pour en savoir plus

L’océan connaît une augmentation des températures sans précédent

Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dédié à la question affirme que l’océan mondial se réchauffe sans relâche depuis 1970. Et aujourd’hui, des données du programme Copernicus viennent préciser la question : l’océan connaît une augmentation de température sans précédent.

Article de Nathalie Mayer paru le 11/10/2020

Chaque année, le programme Copernicus — un programme de l’Union européenne pour l’observation et la surveillance de la Terre — publie un rapport sur l’état des océans du monde. Il s’appuie sur des données satellites, des mesures de terrain et des analyses d’experts. Celui qui vient de paraitre fait état d’une augmentation sans précédent des températures de la mer.

Entre 1993 et 2018, la température globale de la surface de la mer — l’une des mesures importantes, avec la teneur en chaleur de l’océan — a augmenté de 0,014 °C par an. Les quatre dernières années apparaissent comme les plus chaudes jamais enregistrées.

Des signes de tensions majeures sur les océans

Ce que les chercheurs appellent la teneur en chaleur de l’océan fait référence à la chaleur absorbée par l’océan. Connaître la quantité d’énergie thermique stockée dans l’océan est essentiel pour comprendre l’état, la variabilité et les changements du système climatique terrestre. Dans le dernier quart de cette décennie, le gain global de chaleur océanique a augmenté dans les 700 mètres supérieurs de l’océan. De la chaleur a été piégée dans des couches océaniques plus profondes, allant jusqu’à plus de 2.000 mètres.

Rappelons que l’augmentation de la teneur en chaleur des océans contribue de 30 à 40 % de l’élévation moyenne mondiale du niveau de la mer, du fait de la dilatation thermique de l’eau de mer. « Plus que jamais, une surveillance complète et systématique des océans est nécessaire », remarquent Karina von Schuckmann et Pierre-Yves Le Traon, chercheurs, dans un communiqué du Taylor and Francis Group (Royaume-Uni). D’autant que le rapport souligne d’autres tensions majeures sur les mers et les océans du monde dues au changement climatique, notamment l’acidification — causée par l’absorption du dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère –, la perte d’oxygène et le retrait de la glace de mer. Des tensions qui mettent en péril aussi bien les écosystèmes marins que les sociétés humaines qui en vivent.

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Via futura-sciences.com

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