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Osiris-Rex : la Nasa est en train de mettre à l’abri les cailloux que la sonde est en train de perdre

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La sonde américaine Osiris-Rex va commencer aujourd’hui une opération de plusieurs jours pour stocker dans une capsule hermétique les matériaux qu’elle a ramassés la semaine dernière à la surface de l’astéroïde Bennu.

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La Nasa a confirmé ce lundi 26 octobre que la procédure de mise à l’abri des échantillons commencerait dès le lendemain. Les poussières et cailloux prélevés sur le sol de l’astéroïde Bennu se trouvent actuellement au bout du bras de plus de trois mètres de longueur, dans un compartiment duquel ils débordent, TagSam, et qui n’arrive pas à se refermer à cause de la taille de certains morceaux.

C’est ce bras qui a été en contact quelques secondes avec Bennu mardi dernier, point culminant d’une mission lancée de la Terre quatre ans plus tôt. Mais l’inquiétude avait laissé place à l’euphorie initiale à la Nasa vendredi après que la sonde Osiris-Rex a envoyé des images montrant plusieurs grammes de particules flottant autour du bras, confirmant une fuite (voir article plus bas).

Le but est de déposer le compartiment dans une capsule qui se trouve au centre de la sonde spatiale. Osiris-Rex doit repartir vers la Terre en 2021 et larguer la capsule de sorte qu’elle atterrisse aux États-Unis en 2023, avec ce que les scientifiques espèrent être le plus grand échantillon extraterrestre jamais rapporté sur Terre depuis les missions Apollo.

Une opération délicate qui se fera en plusieurs jours

L’urgence est de sécuriser la cargaison le plus vite possible, et l’équipe a donc décidé d’avancer le stockage au 27 octobre, au lieu du 2 novembre. « L’abondance de matières collectées sur Bennu justifie notre décision d’avancer le stockage », a déclaré Dante Lauretta, de l’université de l’Arizona et chef du projet.

La procédure durera plusieurs jours, selon la Nasa, car elle ne sera pas entièrement automatisée comme les opérations précédentes. Après chaque étape, la sonde renverra sur Terre des informations et des images pour que les scientifiques vérifient que le bras est aligné et qu’aucune particule ne risque de bloquer le stockage. Or la sonde est à 18 minutes-lumière et demi de distance : tout signal met donc plus de 18 minutes à arriver sur Terre, et vice-versa en direction d’Osiris-Rex. Le moindre dialogue dure donc 37 minutes.

Pour en savoir plus

Osiris-Rex : la Nasa inquiète des pertes des matériaux prélevés sur l’astéroïde Bennu

Article publié le 24 octobre 2020

La Nasa a annoncé vendredi 23 octobre que sa sonde Osiris-Rex avait réussi à collecter une très grande quantité de particules sur l’astéroïde Bennu en début de semaine, mais qu’il y en avait tellement que le compartiment de collecte n’arrive pas à se refermer, mettant en danger la mission de retour d’échantillons sur Terre.

La sonde spatiale Osiris-Rex doit rapporter sur Terre en 2023 ce qui serait, de loin, le plus grand échantillon extraterrestre depuis les missions Apollo sur la Lune, environ 400 grammes de poussières et petits cailloux collectés mardi 20 octobre. À condition néanmoins qu’elle arrive à les stocker hermétiquement pour le voyage du retour.

En effet, « une fraction substantielle de la masse récoltée est en train de s’échapper », a déploré Dante Lauretta, chef de la mission, lors d’une conférence téléphonique au ton moins euphorique que sa présentation mercredi, quand l’équipe se félicitait d’une opération s’étant déroulée « aussi bien qu’on l’espérait ».

Des particules flottent autour du bras d’Osiris-Rex

Entre temps, la sonde s’est prise en photo sous tous les angles, et ses maîtres terrestres ont découvert avec stupeur un inquiétant nuage de particules flottant autour du bras de trois mètres de longueur.

La bonne nouvelle est que la sonde aurait récupéré de l’ordre de 400 grammes de fragments, soit bien plus que les 60 grammes minimum désirés, et en tout cas plusieurs centaines de grammes, selon le scientifique. Mais 5 à 10 grammes ont déjà été observés autour du bras ; en raison de la microgravité, les fragments se comportent comme des fluides.

« Ma grande inquiétude est que des particules s’échappent, nous sommes les victimes de notre succès », a lancé Dante Lauretta.

Par conséquent, l’opération de mesure de la masse par une rotation de l’appareil, initialement prévue ce samedi, a été annulée, car cela risquerait de faire sortir encore plus de fragments.

Les premières images du « touchdown » d’Osiris-Rex sur Bennu semblent prometteuses. © Nasa

Suspense jusqu’en 2023

L’urgence est désormais de réduire au minimum les activités de l’appareil, pour limiter les fuites, et de préparer au plus vite le stockage des échantillons dans la capsule qui se situe au centre de la sonde. Cela implique un mouvement du bras, et doit être préparé minutieusement par les ingénieurs. Elle aura peut-être lieu mardi.

Les fragments se trouvent en ce moment dans le compartiment circulaire au bout du bras. Mardi, le bras s’est collé quelques secondes sur le sol de l’astéroïde Bennu et a soufflé en même temps du gaz comprimé, faisant se soulever des particules qui ont été capturées à l’intérieur du bras, comme sous une cloche. Mais le bras s’est en réalité enfoncé de 48 centimètres en profondeur, à la surprise de la Nasa.

Le mécanisme de fermeture du compartiment est bloqué par des pierres. Osiris-Rex risque-t-elle de perdre son trésor ? Le volume de la fuite n’est pas encore bien connu, mais les scientifiques semblaient relativement confiants, et ont dit qu’il ne serait pas nécessaire de recommencer une opération d’échantillonnage.

« Nous pensons que nous sommes en train de perdre une petite fraction des matériaux, mais c’est plus que ce que je voudrais, je suis assez inquiet depuis que j’ai vu les images, a déclaré Dante Lauretta. Le plus prudent est de faire le stockage le plus prudemment possible afin de minimiser toute perte future ».

La sonde, lancée il y a plus de quatre ans, doit reprendre le chemin de la Terre en mars 2021, et atterrir dans l’Utah en septembre 2023. « Nous allons devoir attendre jusqu’au retour à la maison pour savoir précisément combien nous avons, et ça, comme vous l’imaginez, c’est difficile », a ajouté le scientifique.

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Via futura-sciences.com

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