CoronavirusCovid-19PC et périphériques

Coronavirus : les études cliniques reprennent pour le vaccin d’Oxford

140views

La FDA a autorisé la reprise des études cliniques du vaccin d’Oxford aux États-Unis, suspendu depuis septembre 2020. Le vaccin d’AstraZeneca en collaboration avec l’université d’Oxford est à nouveau dans la course au traitement contre la Covid-19. L’entreprise pharmaceutique espère présenter les derniers résultats de son candidat d’ici la fin de l’année.

Après qu’un participant est tombé malade, les études cliniques du « vaccin d’Oxford », un candidat vaccin destiné à lutter contre le coronavirus, ont dû être suspendues en septembre dernier. Dans un communiqué de presse, la société pharmaceutique a annoncé que la FDA (Food and Drug Administration) a autorisé la reprise des essais cliniques du vaccin aux États-Unis, les considérant comme sûrs. Ces derniers avaient déjà repris au Royaume-Uni, au Brésil, en Afrique du Sud et au Japon en accord avec les autorités de santé de chaque pays. 

Pascal Soriot, le P.-D.G. d’AstraZeneca, a déclaré que « la reprise des essais cliniques dans le monde entier est une excellente nouvelle car elle nous permet de poursuivre nos efforts pour développer ce vaccin afin de contribuer à vaincre cette terrible pandémie. Nous devons être rassurés par le soin apporté par les régulateurs indépendants pour protéger le public et s’assurer que le vaccin est sûr avant d’être approuvé pour son utilisation ».

Le vaccin d’Oxford approuvé pour les fêtes de fin d’année ?

Issu de la collaboration de l’université d’Oxford et d’AstraZeneca, le vaccin AZD1222, appelé autrefois ChadOx1, subit les dernières phases de test (phase III) avant sa commercialisation. AstraZeneca annonce que les résultats finaux sont attendus avant la fin de l’année 2020 et seront publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture. Il fait partie des dix vaccins à l’étude les plus avancés. Selon les résultats de la phase III, il pourrait être approuvé par les autorités de santé d’ici décembre 2020. La Chine a déjà approuvé quatre candidats vaccins contre la Covid-19 et la Russie, un seul après études cliniques.

Pour en savoir plus

Coronavirus : le vaccin d’Oxford initie une réponse immunitaire selon les premiers résultats

Article publié le 21 juillet 2020 par Julie Kern

La course au vaccin contre le coronavirus bat toujours son plein. Parmi les candidats en lice, le vaccin d’Oxford en collaboration avec AstraZenaca vient de publier les résultats de la première phase des essais cliniques pour son vaccin ChAdOx1. Ils sont positifs mais la course sera longue et ligne d’arrivée est encore loin.

Malgré l’arrivée des beaux jours, malgré le confinement, le coronavirus se propage toujours d’humain à humain. Alors que le port du masque est devenu obligatoire dans les lieux publics clos en France pour limiter le regain de l’épidémie, des pays comme l’Inde ou le Brésil sont toujours pris dans le tumulte de la première vague de population infectée. Du côté de la recherche scientifique, les laboratoires et les expériences tournent à plein régime. Mais, comme Rome ne s’est pas faite en un jour, concevoir un vaccin ou un traitement efficace et sûr demande du temps.

Le 20 juillet 2020, les résultats des essais cliniques de phase 1/2 du vaccin conçu à l’Institut Jenner de l’Université d’Oxford en Angleterre, en partenariat avec AstraZeneca, ont été publiés dans la revue The Lancet. Ces derniers offrent un premier aperçu positif quant à l’immunité induite et sa toxicité.

Un adénovirus de singe et la protéine S du coronavirus

Le vaccin d’Oxford, le ChAdOx1 (pour Chimpanzee Adenovirus Oxford 1), est composé d’un adénorivus de chimpanzé incapable de se répliquer qui a été modifié génétiquement. Les scientifiques ont introduit dans son génome la partie codante pour la protéine S du SARS-CoV-2 grâce à un plasmide. Son immunogénicité a été confirmée il y a seulement quelques mois, fin mai 2020, sur des macaques rhésus.

Au regard des résultats encourageants, les chercheurs ont initié une étude clinique pour ChAdOx1, dont les premiers résultats sont désormais disponibles et qui a été menée dans cinq hôpitaux différents à travers toute l’Angleterre. Il s’agit d’une étude randomisée, c’est-à-dire que les volontaires ont été placés dans les différents groupes au hasard, et en simple-aveugle, les médecins connaissaient le traitement administré mais pas les volontaires. Les résultats du groupe test, qui a reçu une injection de ChAdOx1, sont comparés à un groupe contrôle qui s’est vu administrer un autre vaccin, le MenACWY (destiné à lutter contre les méningocoques), selon le même protocole.

Des réactions lors de la vaccination, mais pas de toxicité

Au total, 1.077 volontaires ont participé à cet essai clinique (543 dans le groupe test et 534 dans le groupe contrôle), âgés de 18 à 65 ans et avec un bon état de santé général. Les individus du groupe test ont reçu une dose de 5.1010 particules virales par voie intramusculaire dans le muscle deltoïde. Le groupe contrôle une injection standard de 0,5 mL de MenACWY, aussi dans le deltoïde.

À partir de cette injection initiale, les scientifiques ont réalisé des tests immunologiques selon un calendrier précis. Ils ont également réalisé un suivi des effets secondaires induits par la vaccination.

Regardons tout d’abord les effets secondaires de la première injection pour les deux groupes. Premier constat, la plupart des volontaires affirment souffrir de symptômes légers à modérés. Parmi les effets secondaires localisés au site de l’injection, la douleur est la plus commune. Suivie d’une sensibilité ou d’un inconfort lorsqu’on touche la zone. Ces désagréments interviennent entre le premier et deuxième jour suivant la vaccination puis disparaissent progressivement en une semaine.

Les volontaires ont également rapporté des effets secondaires systémiques comme de la fatigue, des maux de tête, des douleurs musculaires et des malaises. Ces symptômes sont les plus forts au premier jour suivant la vaccination avant de s’atténuer dans les jours suivants.

Bien qu’il n’y ait aucun effet secondaire sévère ou nécessitant une hospitalisation, deux hôpitaux impliqués dans l’essai clinique ont demandé à utiliser du paracétamol pour les atténuer. Comparé au groupe contrôle, les symptômes ont été ressenti par plus de participants et de façon plus intense.

La primo-injection provoque donc une réaction locale et systémique de l’organisme, parfois intense et contraignante, mais qu’en est-il de la réponse immunitaire ?

Des anticorps produits et des lymphocytes activés

Les chercheurs ont réalisé des tests immunologiques (de type Elisa) à la recherche des anticorps de type IgG dirigés contre la protéine S du SARS-CoV-2, le jour de la vaccination, puis à J7, 14, 28, et 56.

Le pic d’anticorps spécifiques du SARS-CoV-2 intervient au 28e jour après la première dose et reste à peu près stable jusqu’au 56e jour. L’immunité cellulaire initiée par le vaccin a aussi été étudiée par le dosage de l’interféron gamma (technique ELIspot) qui témoigne de l’activation spécifique — et donc de leur prolifération — des lymphocytes T. Le pic d’activation des lymphocytes T intervient avant celui de la production des IgG, entre le 7e et le 14e jour.

Cet essai clinique indique donc qu’une injection unique de ChAdOx1 induit une immunité cellulaire et humorale contre le SARS-CoV-2 ainsi que des réactions locales et systémiques désagréables mais qui ne sont pas dangereuses. Il ne s’agit là que des résultats de la phase 1/2. Ces résultats ne sont donc encore pas généralisables à tout le monde. Les auteurs indiquent que les volontaires considérés étaient majoritairement blancs, jeunes et en bonne santé. On peut donc s’attendre à des résultats différents pour des personnes âgées, présentant des facteurs de comorbidité ou appartenant à d’autres groupes ethniques. Les essais de phase 3 sont d’ores et déjà lancés au Brésil, en Afrique du Sud et au Royaume-Uni.

Intéressé par ce que vous venez de lire ?

Via futura-sciences.com

Leave a Response