AndroidMobile

Nissan Leaf First à 17 000 euros : une campagne de communication incohérente

Nissan France s’est fendu d’un communiqué de presse dans lequel le groupe vente la grille tarifaire relativement basse appliquée à la dernière version de sa Leaf, la Leaf First. Mais un problème demeure : la cible visée.

Introduite sur le Vieux Continent en 2011, la voiture électrique Nissan Leaf a depuis fait son bonhomme de chemin. Le constructeur japonais appartenant à l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a même réussi à s’imposer comme un acteur de poids sur le créneau de l’électrique. Et pour s’accaparer une part toujours plus importante du gâteau, la firme a mis en place une nouvelle offre exclusivement dédiée à l’Hexagone : la Nissan Leaf First.

Cette mouture reprend ainsi la batterie de 40 kWh installée sur la version Acenta, tout comme sa motorisation de 150 chevaux et ses équipements technologiques installés à son bord. Pour un prix, disons-le, abordable au regard des autres modèles concurrents : 16 990 euros. Un seuil atteint grâce aux nombreuses aides de l’Etat et de Nissan (détaillées dans ce communiqué de presse), qui n’a pas hésité à doubler la prime à la conversion prévue à cet effet.

Une prime à la conversion doublée, oui mais…

Mais ce modèle First est loin d’être réservé à tous les Français : seuls les citoyens non imposables sur le revenu et parcourant plus de 60 km par jour peuvent en bénéficier, soit un total de 100 000 personnes selon les chiffres de Nissan. Un choix calqué sur celui du gouvernement, dont les nouveaux montants dédiés à la prime à la conversion sont entrés en vigueur le 1er janvier 2019. Si la démarche de Nissan reste louable, sa campagne de communication suscite des questions.

Le système d’impôt en France repose sur un principe simple : plus le revenu annuel d’un citoyen est élevé, plus son impôt le sera aussi. Comme le montre le barème d’impôt disponible sur Service-public.fr, toute personne située dans la tranche 9964 euros, ou moins, échappe à l’impôt sur le revenu. Une catégorie compatible, donc, avec les critères de Nissan.

Nissan France, déconnecté de la réalité ?

Pour simplifier notre raisonnement, nous nous cantonnerons à cette tranche, sans effectuer de simulation personnalisée (célibataire, en couple, avec ou sans enfants). Le fait est que Nissan cherche ici à vendre un produit dont le prix est presque deux fois plus élevé qu’un salaire annuel d’un citoyen non imposable. Alors certes, les coûts d’électricité se veulent bien inférieurs à ceux de l’essence, d’autant plus lorsqu’un automobiliste parcourt jusqu’à 60 kilomètres par jour entre son domicile et son lieu de travail.

Mais Nissan France oublie un point important : avec environ 1000 euros par mois pour vivre, comment peut-on économiser et s’acquitter d’une somme pareille ? Entre les besoins alimentaires, le logement, l’électricité ou encore le gaz, un tel salaire mensuel ne semble pas permettre d’investir dans une nouvelle voiture électrique. Pas sûr, donc, que l’entreprise trouve preneur au regard de cette offre pour le moins osée.

Nissan France

SUR LE MÊME SUJET

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close